La maison-atelier de Jean Lurçat est conçue et construite par son frère André Lurçat en 1924. C’est un édifice maçonné en béton armé, dont les murs sont en « agglomérés de mâchefer », et les planchers en poutrelles préfabriquées en béton armé et hourdis mâchefer coulé en place. Une surélévation en pan de fer a été ajoutée en 1929, ainsi que des planchers hétérogènes plus tardivement dans la courette arrière.
Sous la direction de l’agence h2o architectes, le projet consiste en la restauration de l’édifice proche de son état initial, et son ouverture à des visites publiques.
Les façades d’origine comportent des modénatures en béton variées : parfois de faible épaisseur (balcon en angle au Sud, abri de la porte de l’atelier en rez-de-chaussée) ; avec ou sans goutte d’eau ; les allèges de fenêtres ne sont pas toujours en pentes, ni protégées d’une couvertine. Elles subissent des pathologies propres aux bétons armés, et ont fait l’objet de sondages et d’essais de caractérisation physico-chimique. Des traitements curatifs et préventifs ont été préconisés. Certains détails architecturaux conçu par André Lurçat en béton de ciment ont été redessinés dans le cadre du projet, et les éléments les plus fins prévus refaits à neuf.
Suite à l’analyse des planchers existants sur la base des archives et de sondages, et l’état sanitaire général, le renfort pour une augmentation significative de la charge d’exploitation a été écartée, impliquant des interventions excessives. Les contraintes d’occupation futures de l’édifice ont été calibrées sur la portance actuelle.
Dans le cadre du projet, les couvertures et planchers Nord sont purgés pour la création d’une verrière muséale contemporaine : une attention particulière a été apportée à la conception d’une ossature porteuse minimaliste.